Solidaires: ni charité, ni paternalisme, mais de l’action et une volonté politique. Urgent!
Soyons solidaires
Journalistes et maire de Genève : solidarité au petit-déjeuner ! (Aldag)
(V.P.) — Deux mains se serrent et se cramponnent l’une à l’autre, sur fond de rose des vents. « Solidaires », tel est le message que porte la carte de vœux de Claude Haegi, maire de Genève, à ses destinataires. Teintée d’économie, la discussion porte sur les relations Nord-Sud. Aimons-nous les uns les autres, tel est, en substance, le vœu du maire.
Dans nos contrées, où superflu et consommation se conjuguent, « on finit par croire que les choses mineures sont essentielles », déclare Claude Haegi. Marqué par son récent séjour à Dakar, le magistrat s’est penché sur le problème de la solidarité avec les pays les plus pauvres.
Développer le Sud
« Il faut aussi travailler en amont, recommande M. Haegi, c’est-à-dire dans les pays du Sud, les pays pauvres. À quoi sert de parler de l’axe Nord-Sud si l’on ne fait rien ? » Plutôt que d’envoyer à l’étranger les surplus de notre société de consommation, le maire propose une politique d’exportation de ce qui est utile seulement et une ouverture des frontières de manière à ce que les importations de produits des pays pauvres coûtent moins cher.
Plus concrètement, des projets de développement ont déjà été mis sur pied par l’Association des maires francophones dont fait partie Claude Haegi. Notamment, la création d’un institut consacré au développement de l’administration des municipalités. Un point important car « sans une bonne administration, on ne gère rien », indique M. Haegi.
Jeunes solidaires
« Chaque fois que cela est possible, je m’exprime sur la solidarité, affirme Claude Haegi. La dernière fois, c’était lors des promotions civiques. J’ai été frappé de la réceptivité des jeunes à ce message ! »
Le maire s’estime convaincu de la bonne foi des personnes qui affluent vers notre pays : « On ne quitte pas son pays pour aller vers un ailleurs meilleur, quelles que soient les raisons — économiques ou politiques — qui poussent au départ. » L’Europe, indique-t-il, a les moyens de les accueillir, malgré ses 30 à 40 millions de chômeurs. Parce que l’aspect humain doit primer sur les raisons économiques. Mais aussi parce que l’afflux d’étrangers, principalement du tiers monde, est inéluctable.
Libéralisme tiers-mondiste
Des propos incompatibles avec la couleur libérale du magistrat ? « Je n’ai jamais pensé que le libéralisme signifiait vivre aux dépens de son voisin ! Mais je le concède : les mains représentées sur la carte de vœux sont celles de toutes les difficultés ! »


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